Activité physique adaptée après un infarctus du myocarde
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Ce document rappelle les points essentiels concernant la reprise d’une activité physique après un infarctus. Il ne remplace pas les conseils personnalisés d’un cardiologue, d’un médecin du sport ou d’un professionnel diplômé en activité physique adaptée (APA).
I. Comprendre l’infarctus du myocarde
Un infarctus du myocarde (IDM) se produit lorsqu’une artère coronaire se bouche soudainement ; une partie du muscle cardiaque n’est alors plus oxygénée et peut être lésée. Les causes principales sont l’athérosclérose et la formation d’un caillot sur une plaque vulnérable. Les symptômes typiques incluent douleur thoracique, sensation d’oppression, sueurs, nausées et dyspnée. Après la phase aiguë à l’hôpital, commence la prévention secondaire : éviter une récidive, récupérer ses capacités et réintégrer une vie quotidienne normale.

II. Les traitements de référence
Le traitement post-IDM repose sur deux volets complémentaires :
Traitements médicamenteux :
- Anti- agrégants plaquettaires (aspirine, clopidogrel, ticagrelor…) pour empêcher la formation de nouveaux caillots.
- Bêtabloquants pour diminuer la fréquence cardiaque et la charge de travail du cœur.
- Statines pour réduire le « mauvais » cholestérol et stabiliser les plaques d’athérome.
- IEC ou ARA 2 pour contrôler la tension artérielle et protéger le muscle cardiaque.
- ± Gliflozines ou autres thérapeutiques selon les comorbidités.
Mesures non-médicamenteuses :
- Sevrage tabagique complet
- Alimentation équilibrée contrôlant lipides, sucres et sel.
- Gestion du stress et du sommeil
- Activité physique adaptée (APA) structurée.
III. Bénéfices de l’APA
Pratiquée régulièrement et sous contrôle médical, l’activité physique adaptée :
- Réduit d’environ 25 % la mortalité cardiovasculaire et les ré‑hospitalisations.
- Améliore la capacité aérobie (VO₂ max) et la fonction des artères (endothélium).
- Abaisse les marqueurs d’inflammation (CRP, IL‑6) impliqués dans l’athérosclérose.
- Limite la prise de poids, la fatigue et certaines douleurs musculaires induites par les statines.
- Renforce le moral, la qualité du sommeil, l’autonomie et la confiance en soi.
La combinaison de l’APA et des médicaments agit donc à la fois sur la maladie et sur les effets secondaires potentiels des traitements.

IV. Recommandations générales et personnalisation
• 150 minutes par semaine d’activité d’intensité modérée (marche active, vélo, natation douce), réparties sur au moins 3 jours, après validation médicale
.• 2 séances hebdomadaires de renforcement musculaire léger (élastiques, poids du corps).
• Progressivité : commencer par 5–10 minutes, ajouter 1–2 minutes chaque jour selon la tolérance.
• Être à l’écoute des signaux d’alerte : douleur thoracique, essoufflement inhabituel, palpitations.
• Éviter la chaleur excessive, le grand froid ou les efforts intenses non préparés.• Privilégier les activités plaisir pour maintenir la motivation.
Chaque programme doit être adapté à l’âge, aux capacités fonctionnelles, aux traitements en cours et aux pathologies associées. En cas de doute, demander l’avis de son cardiologue ou d’un enseignant APA.
Sources
Inserm – Expertise collective « Activité physique : prévention et traitement des maladies chroniques » (2019).
Lavie CJ et al. Impact of Physical Activity, Cardiorespiratory Fitness and Exercise Training on Markers of Inflammation.
Panagiotakos D B et al. ATTICA Study : activité physique et marqueurs inflammatoires.
Physical Activity Guidelines for Americans, 2ᵉ édition, U.S. HHS (2018).



