Anticoagulants et activité physique adaptée
- 1 juin
- 4 min de lecture
Ce document est un support d'information grand public. Il ne remplace pas un avis médical personnalisé.
À retenir : un traitement anticoagulant n'empêche pas l'activité physique. Il demande surtout de choisir des activités avec peu de risques de chute ou de choc, d'éviter certains médicaments sans avis médical et de connaître les signes d'alerte. |
Pourquoi continuer à bouger ?
Prendre un anticoagulant ne veut pas dire qu'il faut arrêter de bouger. Au contraire, une activité physique adaptée aide à entretenir le coeur, les muscles, l'équilibre, le sommeil et le moral.
L'objectif est simple : rester actif, mais sans prendre de risques inutiles. On cherche donc des activités régulières, progressives et adaptées à la personne.

Anticoagulants : l'essentiel à comprendre
Les anticoagulants limitent la formation de caillots dans le sang. Ils peuvent être prescrits après une phlébite ou une embolie pulmonaire, dans certaines fibrillations auriculaires, chez certains porteurs de valves cardiaques, ou dans d'autres situations à risque.
Il existe plusieurs familles : les antivitamines K, les anticoagulants oraux directs, comme l'apixaban, le rivaroxaban ou le dabigatran, et les anticoagulants injectables, comme les héparines. Ces traitements sont utiles, mais ils demandent quelques précautions au quotidien.
Le point de vigilance : les chocs et les chutes
L'effort en lui-même n'est pas le principal problème. Ce qui compte surtout, c'est le risque de traumatisme : chute, collision, plaie profonde ou choc à la tête.
Une chute avec choc au crâne doit toujours être prise au sérieux, même sans plaie visible. Sous anticoagulant, un saignement interne peut parfois passer inaperçu au début.
Les bénéfices attendus
L’activité physique adaptée ne remplace pas le traitement anticoagulant et ne permet pas d’en modifier la dose. Elle agit en complément : elle aide à rester mobile, à limiter la sédentarité et à renforcer les capacités physiques utiles au quotidien.
Un cœur mieux entraîné et moins d’essoufflement. La marche, le vélo d’appartement, la natation douce ou l’aquagym entretiennent l’endurance sans rechercher la performance. Pratiquées régulièrement et progressivement, ces activités permettent souvent de mieux tolérer l’effort, d’être moins essoufflé et de reprendre confiance dans les gestes de tous les jours.
Des muscles plus forts pour les activités quotidiennes. Un renforcement léger et encadré aide à entretenir les cuisses, les mollets, le dos et les bras. Cela facilite des gestes simples mais importants : se lever d’une chaise, monter quelques marches, porter un sac léger, marcher plus longtemps ou rester actif sans fatigue excessive.
Une meilleure stabilité et moins de risque de chute. Sous anticoagulant, prévenir les chutes est essentiel, car un traumatisme peut entraîner des saignements ou des hématomes plus importants. Les exercices d’équilibre, de coordination et de renforcement des appuis améliorent la sécurité dans les déplacements, notamment à domicile, dans les escaliers ou à l’extérieur.
Une circulation veineuse mieux stimulée. La marche active les muscles des mollets, qui fonctionnent comme une “pompe” aidant le sang à remonter vers le cœur. Chez certaines personnes, notamment après une phlébite ou en cas de jambes lourdes, cette mobilisation régulière peut favoriser le retour veineux, en complément du traitement anticoagulant, du port éventuel de bas de compression et des conseils médicaux.
Un meilleur moral et plus d’autonomie. Bouger régulièrement aide aussi à retrouver confiance, à réduire la peur de l’effort et à préserver l’autonomie. L’objectif n’est pas de faire du sport intensif, mais de choisir une activité sûre, progressive et adaptée à son état de santé.
Quelles activités choisir ?
Le bon choix dépend du traitement, de l'âge, de l'équilibre, des antécédents de chute, du niveau d'entraînement et des maladies associées.
À privilégier | À discuter au cas par cas | À éviter le plus souvent |
Marche, marche nordique encadrée, vélo d'appartement, natation calme, aquagym, gymnastique douce, tai-chi, yoga adapté, renforcement musculaire supervisé, exercices d'équilibre. | Randonnée sur terrain irrégulier, vélo extérieur, ski de fond, danse plus dynamique, sports collectifs sans contact, musculation en salle si la technique est correcte et les charges progressives. | Sports de combat, rugby, hockey, football de contact, VTT engagé, escalade non sécurisée, ski alpin à risque, sports mécaniques, activités avec risque élevé de collision ou de traumatisme crânien. |

Les bons réflexes pour pratiquer en sécurité
Ne pas arrêter son anticoagulant pour faire du sport sans avis médical. Un arrêt non encadré expose à un risque de caillot.
Informer les professionnels concernés : médecin, pharmacien, kinésithérapeute, enseignant en activité physique adaptée, dentiste ou encadrant sportif.
Garder sur soi une information indiquant le traitement : carte, carnet, document dans le téléphone ou bracelet médical.
Éviter l'automédication à risque. Les anti-inflammatoires comme l'ibuprofène, le naproxène ou le diclofénac peuvent augmenter le risque de saignement. Demander conseil avant d'en prendre.
Reprendre progressivement : commencer court, augmenter peu à peu la durée, puis l'intensité.
Choisir un environnement sûr : chaussures adaptées, terrain stable, bon éclairage, hydratation, échauffement et matériel en bon état.
Quand demander rapidement un avis médical ?
Il faut consulter rapidement en cas de :
saignement inhabituel ou prolongé, saignements répétés du nez ou des gencives ;
urines rouges, selles noires ou présence de sang dans les selles ;
vomissements sanglants ou crachats de sang ;
hématomes nombreux, spontanés ou très étendus ;
fatigue inhabituelle, pâleur, essoufflement, malaise ;
mal de tête inhabituel ou persistant, confusion, somnolence ;
chute ou choc important, surtout en cas de choc à la tête.
Sources
Inserm - Activité physique : prévention et traitement des maladies chroniques - Expertise collective, 2019. https://www.ipubli.inserm.fr/handle/10608/9690
Haute Autorité de Santé - Prescrire l'activité physique - Guide pratique pour les médecins, 2018. https://www.has-sante.fr/jcms/c_2875944/fr/prescrire-l-activite-physique-un-guide-pratique-pour-les-medecins
Assurance Maladie - Anticoagulants : importance du suivi pendant le traitement. https://www.ameli.fr/assure/sante/medicaments/comprendre-les-differents-medicaments/anticoagulants
Assurance Maladie - Traitement de la phlébite. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/phlebite/traitement
ANSM - Vous et votre traitement anticoagulant par AVK - Carnet d'information et de suivi. https://ansm.sante.fr/uploads/2021/01/08/avk-carnet-2018-1.pdf
Frey P.M. et al. - Physical activity and risk of bleeding in elderly patients taking anticoagulants - Journal of Thrombosis and Haemostasis, 2015.
NHS - Anticoagulant medicines: considerations. https://www.nhs.uk/medicines/anticoagulants/considerations/
European Society of Cardiology - Risk of internal bleeding doubles when people on anticoagulants take NSAID painkiller, 2024.
American College of Cardiology - Antithrombotic Therapy in Athletes: A Balancing Act, 2023.
Hamer M. et al. - Physical Activity and Inflammatory Markers Over 10 Years - Circulation, 2012. https://doi.org/10.1161/CIRCULATIONAHA.112.103879
Warden S.J. - Prophylactic Use of NSAIDs by Athletes: A Risk/Benefit Assessment - The Physician and Sportsmedicine, 2010. https://doi.org/10.3810/psm.2010.04.1770



