BPCO et activité physique adaptée : pourquoi rester actif peut aider
Cet article ne donne pas de conseils de pratique individualisés : avant de débuter ou d’adapter une activité physique, il est recommandé d’en parler avec un médecin formé à l’APA, puis d’être accompagné par un professionnel de l’activité physique adaptée.
La bronchopneumopathie chronique obstructive, plus connue sous le nom de BPCO, est une maladie respiratoire chronique qui entraîne une obstruction durable des bronches.
Elle touche principalement les personnes ayant fumé, même si d’autres facteurs peuvent intervenir, notamment certaines expositions professionnelles ou la pollution.
Essoufflement, toux chronique et fatigue peuvent progressivement limiter les activités du quotidien. Par crainte de manquer d’air, certaines personnes réduisent alors leurs déplacements et leurs efforts. Pourtant, cette diminution de l’activité peut elle-même contribuer à une perte de capacités physiques.
Dans ce contexte, l’activité physique adaptée (APA) peut trouver sa place parmi les différentes composantes de la prise en charge.
Comprendre le cercle de l’essoufflement
Chez une personne atteinte de BPCO, l’effort peut rapidement provoquer une sensation d’essoufflement.
Cette sensation peut conduire à moins marcher, moins sortir ou éviter certaines activités. Avec le temps, les muscles sont moins sollicités et perdent progressivement en force et en endurance.
Un même effort devient alors plus difficile.
Un cercle peut ainsi s’installer :
essoufflement → diminution de l’activité → perte de condition physique → effort plus difficile → davantage d’essoufflement.
L’un des objectifs de l’activité physique est justement de limiter ce déconditionnement.
Quelle place pour l'activité physique adaptée ?
L’APA désigne une activité physique organisée et adaptée aux capacités, aux besoins et à l’état de santé de la personne.
Dans la BPCO, elle peut notamment être intégrée dans un programme de réhabilitation respiratoire, aux côtés de l’éducation du patient et des autres mesures de prise en charge.
Elle ne remplace pas les traitements prescrits par le médecin. Elle constitue une approche non médicamenteuse complémentaire.
Le traitement global de la BPCO peut également comprendre :
l’arrêt du tabac ;
les traitements inhalés, notamment les bronchodilatateurs ;
certaines vaccinations ;
la prise en charge nutritionnelle lorsqu'elle est nécessaire ;
la prévention et la prise en charge des exacerbations ;
la réhabilitation respiratoire.

Améliorer la capacité à l'effort
Une activité physique régulière peut contribuer à améliorer l’endurance et la capacité à réaliser les activités de la vie quotidienne.
L’objectif n’est pas nécessairement de faire disparaître l’essoufflement, mais d’aider l’organisme à devenir plus efficace lors de l’effort.
Une personne peut ainsi progressivement parvenir à marcher plus longtemps ou à effectuer certaines tâches quotidiennes avec davantage d’aisance.
Les programmes peuvent associer différentes formes d’activité, notamment la marche, le vélo ou des exercices de renforcement musculaire.
Préserver les muscles
La BPCO ne concerne pas uniquement les poumons.
La diminution de l’activité, la fatigue et parfois la dénutrition peuvent favoriser une perte de masse et de force musculaires.
Le renforcement musculaire peut donc constituer une partie importante de la prise en charge physique.
Les jambes sont particulièrement importantes pour maintenir la marche et l’autonomie, mais les membres supérieurs peuvent également être travaillés afin de faciliter certaines activités quotidiennes.
Bouger malgré l'essoufflement
Pour une personne atteinte de BPCO, ressentir un certain essoufflement lors d’un effort ne signifie pas nécessairement que l’activité doit être interrompue.
L’intensité et la durée doivent toutefois être adaptées à chaque personne.
Lorsque l’effort continu est difficile, l’activité peut notamment être réalisée sous forme de périodes plus courtes, séparées par des phases de récupération.
L’objectif est de favoriser une pratique progressive et régulière plutôt que de rechercher une performance.
Des bénéfices qui dépassent la respiration
L’activité physique peut également agir sur d’autres dimensions importantes de la santé.
La BPCO est fréquemment associée à d’autres problèmes tels que des maladies cardiovasculaires, une diminution de la masse musculaire, une fragilité osseuse, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs.
Une activité physique adaptée peut contribuer au maintien des capacités physiques, de l’autonomie et de la qualité de vie.
Elle peut également aider certaines personnes à retrouver davantage de confiance dans leurs capacités à bouger malgré leur maladie.
Quel type d'activité ?
Il n’existe pas un exercice unique adapté à toutes les personnes atteintes de BPCO.
Selon les capacités de chacun, un programme peut par exemple associer :
Des activités d’endurance
Marche, vélo ou autres activités sollicitant progressivement le système cardiovasculaire et respiratoire.
Du renforcement musculaire
Des exercices destinés notamment aux jambes, aux bras et au tronc.
Un travail respiratoire
Certaines techniques peuvent aider à mieux contrôler la respiration pendant l’effort.
Une éducation à la gestion de l'effort
Apprendre à répartir les efforts, reconnaître ses limites et intégrer davantage de mouvement dans la vie quotidienne fait également partie de la démarche.
L'activité quotidienne compte aussi
L’activité physique ne se limite pas aux séances organisées.
Marcher pour effectuer un déplacement, faire certaines tâches ménagères, prendre les escaliers lorsque cela est possible ou simplement interrompre régulièrement les périodes prolongées en position assise participent également à la lutte contre la sédentarité.
Pour certaines personnes très limitées par l’essoufflement, quelques minutes d’activité peuvent déjà constituer un point de départ.
La progression peut ensuite être adaptée progressivement.
Une prise en charge qui reste individualisée
La BPCO peut prendre des formes très différentes d’une personne à l’autre.
L’âge, l’importance de l’essoufflement, les autres maladies présentes, l’état nutritionnel et les traitements doivent notamment être pris en compte.
Les professionnels de la réhabilitation respiratoire, les kinésithérapeutes et les professionnels formés à l’activité physique adaptée peuvent ensuite accompagner la reprise ou le maintien d’une activité.
Le pharmacien peut également participer à la bonne utilisation des traitements, notamment des dispositifs d’inhalation.
À retenir
Avec une BPCO, l’essoufflement conduit parfois à moins bouger. Pourtant, cette diminution de l’activité peut progressivement aggraver la perte de capacités physiques.
Une activité physique adaptée et progressive peut aider à préserver l’endurance, la force musculaire et l’autonomie.
Elle s’inscrit dans une prise en charge globale de la BPCO, en complément des traitements médicaux, de l’arrêt du tabac, du suivi nutritionnel et, lorsque cela est indiqué, de la réhabilitation respiratoire.
L’objectif n’est pas la performance : il est de maintenir le mouvement et les capacités physiques autant que possible, de manière adaptée et sécurisée.
Sources
Inserm – Expertise collective sur l’activité physique dans les maladies chroniques.
Travaux issus de la cohorte Whitehall II sur activité physique et inflammation.
Travaux de Lavie et collaborateurs sur capacité cardiorespiratoire et marqueurs inflammatoires.
Physical Activity Guidelines for Americans.



