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Activité physique adaptée (APA) et maladie de Parkinson

  • 5 févr.
  • 4 min de lecture


1) La maladie de Parkinson en quelques mots


Dans la maladie de Parkinson, certains neurones, en particulier ceux produisant la dopamine, dégénèrent progressivement, ce qui perturbe la régulation des mouvements. Les symptômes moteurs typiques sont la lenteur, la rigidité, les tremblements au repos et les troubles de l’équilibre, auxquels s’ajoutent des symptômes non moteurs comme la fatigue, les troubles du sommeil, la constipation ou l’anxiété. La prise en charge combine traitements médicamenteux, rééducation (kinésithérapie, orthophonie, ergothérapie) et activité physique adaptée pour maintenir la mobilité et la qualité de vie le plus longtemps possible.


Mohamed Ali atteint de la maladie de Parkinson lors de l'ouverture des JO de 1996. Beaucoup de boxeurs souffrent de Parkinson en raison des chocs répétés sur le crâne. Freddy Roach, entraineur historique de l'iconique Manny PACQUIAO dû stopper sa carrière de boxeur précocement car il présentait des signes avant-coureurs de la maladie.


2) Rôle des traitements


Les médicaments ont pour objectif d’améliorer les symptômes moteurs en augmentant le quantité de dopamine, de limiter les fluctuations au cours de la journée et de préserver au mieux l’autonomie. Ils sont systématiquement associés à des approches non médicamenteuses : kinésithérapie pour la marche et l’équilibre, orthophonie pour la voix et la déglutition, ergothérapie pour les gestes du quotidien, et activité physique adaptée. L’APA ne remplace pas les médicaments, mais vient en complément et peut aider à stabiliser la mobilité, l’équilibre et l’endurance, ce qui permet parfois de maintenir des doses médicamenteuses stables, en accord avec le neurologue.



3) Apports de l’APA sur la maladie et sur la tolérance des traitements



Sur la maladie elle-même

Un entraînement régulier à la marche, à l’équilibre ou à la danse (marche active, exercices d’équilibre, tai‑chi, danse adaptée) améliore la stabilité posturale, la longueur du pas et diminue le risque de chute. Le renforcement musculaire avec des charges légères à modérées et le travail des amplitudes articulaires entretiennent la force et limitent la raideur. Les activités d’endurance comme le vélo, la natation ou la marche rapide améliorent la capacité cardio‑respiratoire et la tolérance à l’effort, avec un excellent rapport bénéfices/risques dans le contexte de maladies chroniques. L’activité physique régulière contribue également à réduire la fatigue, à améliorer le sommeil, l’humeur et la confiance dans les activités quotidiennes. Sur le plan cardio‑métabolique, une pratique soutenue dans le temps est associée à des niveaux plus bas de marqueurs inflammatoires et à une meilleure santé vasculaire, ce qui soutient la vitalité au quotidien.


Sur les effets indésirables possibles des traitements

En cas de fluctuations motrices ou de périodes dites “off” ( de façon simpliste, on parle de période "off" lorsque dans la journée l'effets des traitements s'estompent entre deux prises de traitement), l’APA aide à optimiser la mobilité entre les prises de médicaments et à mieux réaliser les activités de la vie quotidienne. Quand la somnolence diurne ou la fatigue sont présentes, bouger régulièrement favorise l’augmentation de l’énergie et de la vigilance. En parallèle, l’activité physique stimule le transit intestinal et s’intègre utilement aux mesures hygiéno‑diététiques pour limiter la constipation. Globalement, bouger régulièrement améliore la marche, l’équilibre, la force, l’endurance, réduit la fatigue et participe à une meilleure qualité de vie.


4) Modalités générales de pratique


Le principe est de construire un programme personnalisé, progressif et sécurisé, défini avec un professionnel (médecin, enseignant APA, kinésithérapeute…) en fonction du stade de la maladie, des traitements et des envies.


a) Objectifs hebdomadaires


  • Viser 150 à 300 minutes par semaine d’activité physique d’intensité modérée (marche active où l’on peut parler sans chanter) ou 75 à 150 minutes d’intensité plus soutenue, ou une combinaison des deux.

  • Ajouter 2 jours par semaine de renforcement musculaire (8 à 12 répétitions, 1 à 3 séries, charges légères à modérées, respiration fluide).

  • Intégrer 2 à 3 séances par semaine de travail de l’équilibre et de la coordination (pas latéraux, transferts d’appui, montées de genou tenues, tai‑chi, etc.).

  • Réduire la sédentarité en se levant et en bougeant quelques minutes toutes les 30 à 60 minutes.


b) Activités recommandées


  • Endurance : marche rapide, vélo (y compris d’appartement), natation, aquagym, danse adaptée.

  • Renforcement : exercices au poids du corps, bandes élastiques, petits haltères ; privilégier des circuits sollicitant l’ensemble du corps (jambes, tronc, bras).

  • Équilibre et coordination : exercices spécifiques d’équilibre, tai‑chi, yoga doux ; utilisation d’indices visuels ou sonores (métronome, musique, consignes de “grands pas amples”) pour fluidifier la marche.


c) Intensité et organisation


L’intensité peut être repérée grâce à l’effort perçu : rester en général entre 3 et 6 sur 10 (effort modéré à un peu soutenu). Le test de la parole est un bon repère : on doit pouvoir parler mais pas chanter. Il est utile d’ajuster l’horaire des séances sur les périodes dites “on” c'est à dire lorsque l’effet des médicaments est optimal et que les mouvements sont plus faciles.


d) Sécurité et progression


Chaque séance doit comporter un échauffement d’environ 10 minutes et un retour au calme de 5 à 10 minutes. La progression se fait par petites étapes, de l’ordre de 10% de volume ou d’intensité par semaine. Il est important de sécuriser l’environnement (pièces dégagées, bonnes chaussures, appuis stables pour les exercices d’équilibre), de s’hydrater régulièrement et de prévoir des pauses. En cas de malaise, douleur thoracique, essoufflement inhabituel, chute ou maux de tête violents, la séance doit être interrompue et un avis médical demandé.



À retenir


L’activité physique adaptée constitue un pilier de la prise en charge de la maladie de Parkinson. Chaque séance compte : mieux vaut commencer doucement, miser sur la régularité et choisir des activités plaisantes pour tenir dans la durée. L’élaboration d’un programme personnalisé avec un professionnel formé à l’APA permet de concilier sécurité, efficacité et motivation.


Sources (sélection)

  • Inserm. Activité physique – Prévention et traitement des maladies chroniques, Expertise collective, 2019.

  • Physical Activity Guidelines for Americans, 2e édition.

  • Hamer M. et al. Physical Activity and Inflammatory Markers Over 10 Years.

  • Lavie C.J. et al. Impact of Physical Activity, Cardiorespiratory Fitness, and Exercise Training on Markers of Inflammation.


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